L'histoire de Val-David

 

1920 La Maison Alphonse-Paquin
1920 La Maison Alphonse-Paquin

La maison Alphonse-Paquin. Photo Claude Proulx vers 2006
La maison Alphonse-Paquin. Photo Claude Proulx vers 2006

La maison Alphonse-Paquin, vers 2000. Photo Sonia Paquin, 2000
La maison Alphonse-Paquin, vers 2000. Photo Sonia Paquin, 2000

La maison Alphonse-Paquin

par Claude Proulx (2000)

Le patrimoine historique villageois se raconte de diverses manières et à l’instar de l’artiste peintre qui couche un paysage sur sa toile, selon ce qu’il perçoit et ressent des ressources de la nature, l’historien étoffe son récit en traduisant à sa façon ce qu’il a entendu lors durant ses entrevues et retenu de ses recherches, de ce qu’il a lu dans les registres notariés et dans les recueils des villageois qui le précèdent.

La Maison Alphonse-Paquin située au 2456, rue de l’église, dans le noyau villageois, offre une histoire bien particulière des gens de chez nous et surtout de son type d’architecture.

En 1920, Alphonse Paquin qui opère un magasin au Lac Paquin, vend son commerce, car sur les instances de son épouse, cette dernière désire installer la résidence familiale tout près de l’église paroissiale au centre de Bélisle’s Mills, nom populaire que porte notre arrondissement depuis 1892.

Alphonse Paquin achète un terrain ayant une superficie de 1 037,2 mètres carrés de Anthime Ménard. Ce dernier en avait hérité au décès de son père Narcisse en 1896.

Au printemps de 1921, Alphonse Paquin construit une superbe maison, sise sur une partie du lot numéro trente, dans le onzième rang du Canton Morin. Dans le voisinage de l’église.

La résidence familiale d’Alphonse Paquin comprend au rez-de-chaussée ; la chambre des maîtres, la cuisine, le salon, la salle à dîner et une salle de bain. Et au deuxième étage, quatre chambres à coucher.

L’extérieur est recouvert en briques importées d’Italie, selon les anciens du village. Cette maison constitue pour l’époque une réalisation assez exceptionnelle.

L’architecture de la bâtisse est d’inspiration européenne et suggère encore aujourd’hui qu’il s’agit là d’un des plus beaux bâtiments du noyau actuel du village. On reconnaîtra que madame et monsieur Paquin possédaient un goût assez recherché pour les belles choses.

Du côté ouest du terrain, on y érige un petit garage vers 1925, qui sert aussi de remise et qui existe encore aujourd’hui. La grande porte de ce petit bâtiment montre une facture spéciale exécutée par les artisans de l'époque. Une porte pliante à quatre volets dotée de petits vitraux.

En 1945, Léo Piché, ébéniste spécialisé du village, achète la maison de monsieur Paquin.

Les rénovations qu’il réalise sur sa nouvelle maison sont multiples. L’ébéniste procède à une réfection complète de la fenestration, ce qui donne des ouvertures en forme d’arches.
Son fils Jacques nous raconte que son père avait eu beaucoup de difficultés à trouver des briques de mêmes type et couleur pour former les arches et les marier avec celles qu’avait installées le bâtisseur d’origine.

En 1946, monsieur Piché agrandit la maison pour y installer la cuisine familiale. Puis la finition intérieure sera exécutée par les employés de notre ébéniste. Et, on creuse un sous-sol.

Les villageois racontent que pour remplir le terrain à l’arrière de la maison, cent douze voyages de terre ont été nécessaires. Un tombereau tiré par des chevaux avait été réquisitionné d’Ulric Ménard. On dit qu’une carcasse d’automobile qui gisait par là a été enfouie dans ce remplissage. On ne tolérerait pas une telle défaillance environnementale aujourd’hui.

Un habile menuisier du village, Engelbert Leroux participe à ces travaux. Ce dernier avec son épouse Juliette, nous racontent que Léo Piché était reconnu de tous pour être un homme généreux pour ses employés et qu’il savait apprécier leurs services à leur juste valeur. Il était un patron honnête, vaillant et un habile bâtisseur.

En octobre 1961, la ménagère du curé Maurice Monty, mademoiselle Anna Faubert devient propriétaire de la maison de Léo Piché.

On nous raconte que c’est le curé qui avait payé pour acheter cette maison et l’enregistrer légalement au nom de sa servante.

Anna Faubert exerce le métier de coiffeuse dans sa nouvelle maison. Elle entretient bien les alentours avec des fleurs, des arbustes et des plantes grimpantes.

À son décès survenu le 28 mai 1980, la servante du curé laisse la maison en héritage à sa sœur Aimée Faubert-Courchesne et au décès de cette dernière le 14 février 1995, c’est sa nièce Micheline Faubert qui en hérite.

Micheline Faubert vend sa maison le premier novembre de l’an 1996 à La Maison Emmanuelle Inc., un Centre éducatif pour personnes handicapées. Les villageois ont accueilli chaleureusement Eileen Lutgendorf, une des dirigeantes de La Maison Emmanuelle.