L'histoire de Val-David

 

La maison Joseph-Bélisle en 1852. Dessin de Sonia Paquin, 2000.
La maison Joseph-Bélisle en 1852. Dessin de Sonia Paquin, 2000.

La maison Joseph Bélisle en mars 2010. Photo Claude Proulx.
La maison Joseph Bélisle en mars 2010. Photo Claude Proulx.

La maison Joseph-Bélisle en 1912. Dessin de Thomas Victor Forest.
La maison Joseph-Bélisle en 1912. Dessin de Thomas Victor Forest.

La maison Joseph-Bélisle

par Claude Proulx (2010)

Du nom de son bâtisseur et premier Maire de la Villle de Sainte-Agathe-des-Monts.
Ce site historique est situé au 1486, chemin du 7e rang,, au Lac Paquin à Val-David.

Joseph Rotureau-dit-BÉLISLE, se marie avec Julie Sentennes le 6 octobre 1851 à Saint-Jérôme.
Le couple arrive dans notre Canton en 1852. Joseph Bélisle achète une parcelle de terre de Narcisse Ménard, sur le lot 6a, du septième rang, du canton de Morin et il y construit une maison familiale sur le Chemin du Roi, qui lui donne une superficie de 9,276 pieds carrés. Le site est splendide, en périphérie d’un beau lac que les habitants du secteur nomment, le Lac Grand-Maison et qui plus tard sera renommé le Lac Paquin.

En 1852, nous sommes sur un territoire non organisé, régi par la Municipalité du comté de Terrebonne. Avec la fondation de la paroisse ecclésiastique de Sainte-Adèle, le 18 juillet 1854 et de la Municipalité de Sainte-Adèle, le 23 juillet, 1855, les premiers colonisateurs structurent leur vie quotidienne dans leur nouveau territoire d’adoption.

Joseph Bélisle devient un illustre personnage dans son milieu. Il est nommé officier des cadastres et des chemins de son coin par la municipalité de paroisse de Sainte- Adèle et participe activement aux événements du canton.

En 1862, alors que notre territoire, fait partie des Cantons de Morin, de Doncaster et de Wexford il se fusionne à la nouvelle Municipalité de Paroisse de Sainte-Agathe-des-Monts. Joseph Bélisle devient le premier Maire de la Municipalité. De Sainte-Agathe-des-Monts. En 1878, Jos. Bélisle acquière le moulin à eau sur la rivière du Nord à Val-David.
Lors de sa construction en 1852, la Maison Joseph-Bélisle, abrite des chambres à coucher à l’étage supérieur et la chambre des maîtres est en bas.

Il s’agit d’une bâtisse dont la facture architecturale rustique est de l’époque de nos colonisateurs. Construite en bois de pin à même les boisés des environs, en pièce sur pièce de dix pouces sur dix pouces, équarries à la hache et enchevêtrées aux quatre coins, le carré de la maison mesure vingt-cinq pieds sur vingt-cinq. Il est solidement ancré sur une fondation de pierre des champs et chapeauté de poutres de cinq pouces sur huit. Sa toiture à deux versants, en bardeaux de cèdre montre deux lucarnes sur la façade nord et deux autres à l’arrière. Les côtés extrêmes supérieurs sont aussi en bardeaux de cèdres.

Dans son testament qu’il fait rédiger le 21 juin 1896, juste avant de décéder, Joseph Bélisle, lègue cette terre et la maison familiale à sa fille Marie-Louise. Celle-ci se marie le premier février 1898 avec le sieur Charles L’allier de Sainte-Agathe-des-Monts et n’habite pas la maison, qu’elle laisse aller à vau-l’eau. Le sept novembre 1901, Marie-Louise vend les terres de l’héritage de son père y compris la maison familiale et ses dépendances à Ferdinand Parent.

Au mois d’août 1908, Evelyn Franklin-Savage fille du président de la Savage Shoes des États-Unis, fait l’acquisition de la Maison Joseph-Bélisle avec ses dépendances. Comme le père d’Evelyn aime venir pêcher au Lac Paquin, c’est lui qui achète l’endroit pour sa fille. « I would like to buy this land from this rock to that tree over there » ainsi s’exprime monsieur Savage à Ferdinand Parent, qui depuis 1901, ne fait aucune réparation aux bâtiments.

Au début du vingtième siècle, Evelyn épouse Robert Henders, un journaliste et acteur réputé de Montréal. Le couple procède à une restauration générale de la maison et notamment ; l’installation de nouvelles poutres de toiture et d’un revêtement du toit en tôle. La Maison Joseph-Bélisle, s’enrichit d’un réaménagement considérable, car Evelyn tient à la conserver pour sa valeur historique et patrimoniale. Evelyn Franklyn-Savage baptise la maison au nom de Lake’s Look out

Au printemps de 1913, suite à un voyage dans l’état du Maine, Evelyn Savage-Henders s’inspire des modèles de résidences sur les bords de l’Atlantique et elle fait construire des rallonges aux extrémités de la maison. Ces aménagements permettent une salle de lecture adjacente à la chambre des maîtres à l’étage et une salle à dîner d’été du côté est.

Evelyn Savage-Henders décède en 1938 et elle laisse la Maison Joseph-Bélisle en héritage à son époux Robert. Ce dernier vend la maison pour la somme d’un dollar, le 6 novembre 1953 à une amie, madame Nita-Blanche Whiteside, épouse de William Cook, résidents de Notre Dame de Grâce, dans la banlieue montréalaise.

Blanche Whiteside et William Cook ont deux enfants, Margaret et John, qu’ils amènent régulièrement au Lake’s look out, comme ils appellent leur résidence de campagne du Lac Paquin à Val-David. Margaret Cook, épouse de Frank Webster, hérite du domaine de sa mère Nita Blanche, le 13 septembre 1977.

Margaret nous rappelle que depuis l’âge d’un an, en 1918, ses parents l’amènent régulièrement au Lake’s look out de la tante Evelyn et de l’oncle Bob. Les deux fils de madame et monsieur Webster, Bruce et Murray, qui souhaitent perpétuer la tradition familiale, fréquentent de façon assidue la Maison Joseph-Bélisle du Lac Paquin avec leurs enfants.

En 2004, Claude Proulx achète la maison dans le but de lui assurer une rénovation digne de sa noblesse patrimoniale. Les travaux seront énormes et les coûts très élevés, il préfère la passer, cette même année, à un citoyen dont la confiance ne peut ternir ses objectifs de préservation. Monsieur Réjean Paquin né au Lac Paquin, devient le nouveau propriétaire de cette belle maison ancestrale et procède jusqu’en 2009 à des réparations et des rénovations d’importance capitale afin d’anoblir le bâtiment.

La Maison Joseph-Bélisle fait partie du patrimoine architectural de Val-David. Il s’agit bien ici, de la plus ancienne Maison qu’il nous est donné de reconnaître comme telle sur notre territoire.