L'histoire de Val-David

 

Maison du village à droite sur l'image. Archives de la SHPVD.
Maison du village à droite sur l'image. Archives de la SHPVD.

La maison du village en 2000. Photo Claude Proulx.
La maison du village en 2000. Photo Claude Proulx.

La maison du Village Val-David en 2005. Photo Claude Proulx.
La maison du Village Val-David en 2005. Photo Claude Proulx.

La maison du village de Val-David

Un bâtiment du patrimoine historique construit par Léonidas Dufresne en 1921

par Claude Proulx (2001)

La Maison du Village qui abrite le Centre Culturel et Communautaire de Val-David, est située au 2495, rue de l’église, au cœur même du noyau villageois. Ses galeries d’exposition présentent des œuvres d’artistes et d’artisans de notre village et de la région.


En 1883, Narcisse Ménard, ce fameux colonisateur qui s’était installé en 1849 en périphérie du Lac Paquin, obtient de la Couronne, un bon de colonisation pour le lot trente et un, dans le onzième rang du Canton Morin. Ce lot constitue la grande partie du centre villageois d’aujourd’hui. À son décès survenu en 1896, il lègue ce lot de terre à son fils Anthime Ménard. Dans un contrat notarié, ce dernier déclare qu’il « a acquis le lot trente et un par bons titres dûment enregistrés et libres de tout droits Seigneuriaux »

Le vingt-huit août 1919, Cyrille Lortie, cultivateur, achète d’Anthime Ménard, une parcelle de terrain, partie du lot trente et un, du côté nord-ouest de la rue principale (rue de l’église), lequel mesure 75 pieds de largeur par 86 pieds sud-est et par 100 pieds de profondeur, une superficie de quelque huit mille deux cent seize pieds carrés, en prévision de venir s’installer dans le centre du village. Les Lortie demeurent dans le deuxième rang du Canton de Doncaster, loin de l’église, des épiciers et des autres activités villageoises.

Le 29 décembre 1920, Léonidas Dufresne, fils de Dosithée et petit-fils du célèbre colonisateur Jean-Baptiste, achète de Cyrille Lortie, deux grands terrains sur le deuxième rang du canton de Doncaster, plus cette parcelle de terre du lot trente et un, sur la rue de l’église. Pour payer ces trois terrains, Léonidas Dufresne s’engage à y bâtir une maison au plus tard le premier juin 1921 et à fournir un logement gratuitement au vendeur Cyrille Lortie et à son épouse Albina Meunier, durant leur vivant, à la charge de l’acheteur de toutes taxes municipales et de plusieurs autres conditions sociales.

Monsieur Dufresne qui est reconnu pour être un homme d’affaires généreux pour ses concitoyens, fait construire une maison de deux étages aménagée pour deux logements. Le bâtiment tout en bois, fait vingt-huit pieds de façade, sur trente-deux pieds. L’extérieur est recouvert de bardeaux de cèdres et le toit est plat. Le bâti est au courant d’architecture dit traditionnel et fonctionnaliste avec ses deux perrons. Vers 1924, on érige une remise en bois à l’arrière. Cyrille Lortie, devenu le cordonnier du village, et son épouse Albina Meunier habitent au rez-de-chaussée jusqu’à leurs décès survenus vers les années 1944. Le logement du deuxième étage est loué durant plusieurs années à Adélard Ouimet, fils de Wilfrid et de Marie-Louise Légaré, qui y établit sa demeure familiale avec son épouse Laurette Raymond et leurs enfants.

Le vingt mai 1921, notre arrondissement qui fait partie de la Municipalité du village de Sainte-Agathe-des-Monts, prend le nom de Municipalité du Village de Saint-Jean-Baptiste-de-Bélisle. Léonidas Dufresne est élu maire cette même année et il préside le Conseil municipal du village jusqu’en 1939. Puis, le trente juin 1944, notre village prend une nouvelle dénomination; La Municipalité du Village de Val-David, nom attribué en l’honneur de l’Honorable Athanase David, député à l’assemblée législative du Québec et Secrétaire de la Province.

Le trente et un août 1945, Fernand Dufresne achète la maison de son père Léonidas pour la somme de trois mille cinq cents dollars. Les deux logements sont loués à divers occupants et notamment : Le Taxi Roy, qui occupe le rez-de-chaussée durant plusieurs années et la famille de Noël Leroux qui loge au deuxième étage.

Le vingt décembre 1983, monsieur Pierre Sarrazin achète la bâtisse. Le terrain de ce bâtiment est réduit à une superficie de quatre mille cent huit pieds carrés. Les Ateliers Pigi s’y installent et on ouvre une Boutique d’art. On procède à de multiples réfections de consolidation de la structure et d’aménagement des espaces de travail et d’exposition. La Boutique se trouve au rez-de-chaussée et les opérations de fabrication à l’étage. On y retrouve aussi un atelier de conception et de fabrication d’objets inspirés des livres pour enfants de Ginette Anfousse. Josette Brassard-Proulx y œuvre à la fabrication des objets.

À partir de 1960, les artistes et artisans des arts visuels commencent à s’installer à Val-David. Vers 1976, ils sont plus d’une soixantaine à y travailler leurs métiers de façon professionnelle. Ils se regroupent en association et forment une entité légale sous le nom de : Les Créateurs Associés inc.

Le quinze novembre 1984, Les Créateurs Associés achètent le bâtiment.Ils se donnent comme mission de créer un centre de diffusion des œuvres des artistes et artisans de Val-David. Ce noyau de citoyens et citoyennes enthousiastes et actifs a transformé pour toujours ce paisible village agricole en un village d’art et de tourisme. On exerce des travaux importants pour ainsi presque doubler l’espace de la maison et y aménager des salles d’expositions et une boutique d’art. Le bâtiment mesure maintenant vingt-huit pieds sur sa façade par cinquante-six pieds de profondeur. En plus de monter d’importantes expositions, les membres des Créateurs Associés, au nombre d’une cinquantaine, organisent des festivals d’art et des symposiums. Au début de 1992, les Créateurs Associés offrent le bâtiment à des acheteurs éventuels, mais exigent que la mission du bâtiment soit perpétuée.

Le 23 septembre 1992, un consortium de gens d’affaires de Val-David formé de Jacques Laforce, Michel Giroux, Pierre Lefebvre, Roger L’Écuyer et Gabrielle Turcotte, se porte acquéreur de la bâtisse. Un geste social de la part des membres de ce groupe qui souhaite assurer la continuité des activités artistiques de ce centre d’exposition. La maison est louée à la Municipalité. Le Conseil municipal se donne un mandat culturel d’envergure. Il crée Le Conseil culturel et communautaire de Val-David et dès le début de l’année 1993, cet organisme préside aux destinées du centre d’exposition désormais appellé La Maison du Village, un signe tangible d’une volonté claire de rayonnement culturel.

Le cinq septembre 1996, Le Conseil Culturel et Communautaire de Val-David, se porte acquéreur de La Maison du Village, qui devient de ce fait, Le centre Culturel et Communautaire de Val-David et la propriété de la Municipalité. Le rêve est devenu réalité. Dès le début du printemps de l’année 2001, on procède à des rénovations majeures des deux étages de La Maison du Village, pour la rendre mieux adaptée aux nouveaux besoins du milieu et on redonne à la façade extérieure du bâtiment, son cachet d’antan. Monsieur Louis Pelletier, maître entrepreneur de la rénovation du patrimoine bâti, dirige les travaux, qui sont dans leur grande majorité exécutés par les employés de la municipalité sous la supervision de monsieur Yves Frenette, le directeur des Travaux publics. Une rumeur circule dans le village : « une belle occasion comme le souhaite plusieurs citoyens et citoyennes ainsi que le Maire et plusieurs Conseillers municipaux, d’y intégrer le Musée historique du village, un objectif de la Société d’histoire et du patrimoine de Val-David ».

Le dimanche 26 mai 2001, de 13h à 17h; un autre rêve devient réalité. C’est l’ouverture officielle des nouveaux locaux de La Maison du Village de Val-David. Une centaine de villageois, visiteurs et invités de marque participent à l’événement. La réouverture de la Maison du Village présente à cette occasion une exposition de Guylaine Duval, artiste naturaliste à Val-David et une autre de Julie D. Vaillancourt, artiste peintre. Les coûts de cette grande rénovation de la Maison sont d’environ 80 000 dollars avec l’appui financier de 20 000 dollars du Gouvernement québécois, grâce à monsieur Claude Cousineau, le député du comté de Bertrand.