L'histoire de Val-David

 

Jean-Baptiste Dufresne et Flavie Ménard, 1912, Archives de la SHPVD
Jean-Baptiste Dufresne et Flavie Ménard, 1912, Archives de la SHPVD

Jean-Baptiste Dufresne et son épouse Louise-Flavie Ménard se donnent à leur fils

Par Claude Proulx (2000)

Le 26 juillet 1902, Jean-Baptiste Dufresne et son épouse Louise-Flavie Ménard, se donnent à leur fils Léon-Hormidas.

Jean-Baptiste Dufresne né en 1828 au Grand Brulé de Saint-Benoît des Deux Montagnes et son épouse Flavie Ménard arrivent dans nos cantons en 1850. Flavie, est née en 1825 dans la même paroisse. Le couple se marie au printemps de 1849. Jean-Baptiste est décédé en 1912 et Flavie en 1914. Au moment de son décès, elle laisse huit enfants sur les seize auxquels elle donna le jour : Dosithée, Césaire, Benjamin, Hormisdas, Albina, Georgianna, Orzélia et Flavie.

Un an après leur mariage à St-Benoît, les jeunes époux se dirigent dans la forêt où est aujourd’hui situé le secteur du lac Paquin, devenu le village de Val-David. Avec leurs beaux-frères Narcisse et Olivier Ménard et leurs jeunes épouses, ils furent les premiers résidents de l’endroit, qui devient plus tard Sainte-Agathe-des-Monts (1861-62). Madame Flavie Ménard-Dufresne était reconnue comme une grande patriote, consciente de ses devoirs. Jean-Baptiste Dufresne, cultivateur, a laissé derrière lui une lignée de bâtisseurs et de développeurs de nos cantons. Leur fils Léon-Hormisdas que l’on appelle « Hormidas », consacra sa vie pour s’occuper de ses parents.

Comme l’histoire appartient à tous les citoyens et que ce document est public, nous souhaitons que vous preniez plaisir à lire cet acte qui révèle la grande générosité de nos premiers colonisateurs. Le texte intégral de cet acte de donation est ci-après copié des Registres du Comté de Terrebonne.

« L’An mil neuf cent deux, le vingt-six juillet. Devant Mtre. J.S.P. Bazin, Notaire public, pour la Province de Québec, résidant et pratiquant au village de Sainte-Agathe des Monts, Comté et District de Terrebonne soussigné. Ont comparu M. Jean-Baptiste Dufresne, Cultivateur de la Paroisse de Ste-Agathe-des-Monts et Dame Flavie Ménard son épouse qu’il autorise spécialement aux fins des présentes. Lesquels font donation entrevifs pure, simple et irrévocable, en la meilleure forme et manière que donation puisse se faire et avoir lieu, avec garantie de tous troubles et autres empêchements généralement quelconques à M. Léon Hormidas Dufresne, Cultivateur du même lieu, leurs fils, présent et acceptant donataire pour lui, ses hoirs et ayant-cause, savoir : Tous les droits, parts, prétentions, travaux et améliorations qu’ont, peuvent avoir et prétendre les donateurs, dans les terrains ci-après désignés, savoir :
1o Un terrain situé au dit lieu de Ste-Agathe de cinquante-deux acres et deux chaines, plus ou moins, en superficie, connu et désigné, aux plan et livre de renvoi officiels, du cadastre de la dite paroisse, sous le numéro vingt-sept du dixième rang du Canton Morin, avec bâtisses y érigées.
2o. Un autre terrain situé en la paroisse de Sainte-Adèle, de cent cinquante arpents, plus ou moins, en superficie, tenant en front le premier rang de Doncaster, à l’autre bout le dixième rang de Wexford, d’un côté le onzième rang du Canton Morin, d’autre côté le troisième rang du Canton Wexford connu sous le numéro Un, & Deux du Onzième rang du canton Wexford, sans bâtisse. Plus tous les meubles de ménage, ustensiles de cuisine, linge, animaux, voitures, instruments d’agriculture, voitures, enfin tout ce qui se trouve sur les dits terrains et bâtisses y érigées, sans en, rien réserver ni excepter aucune chose, que le donataire déclare bien connaître et n’en point désirer plus ample désignation. Les donateurs sont propriétaires des dits terrains, pour les avoir eu du Gouvernement, suivant billet de location qu’ils promettent remettre au donataire, à demande. Pour des dits terrains, en jouir, user, faire et disposer comme bon lui semblera dès aujourd’hui ; mais sans cependant sans pouvoir en disposer, du vivant des donateurs, sans le consemtement par écrit des donateurs. Cette donation est faite, à la charge, par le donataire, de toutes impositions foncières, répondre aux travaux publics, privés et mitoyens. Payer au Gouvernement, ce qui pourrait lui être dû, suivant billet de location. Cette donation est faite, à la charge par le donataire, de loger, coucher, chauffer, éclairer les donateurs, les nourrir à la fortune du pot et potage de son ordinaire, les entretenir de hardes, coiffures, chaussures, le tout suivant leur état et condition et d’avoir, pour les donateurs tous les soins et égards qu’un bon enfant doit avoir, pour ses père et mère, tant en santé qu’en maladie et dans ce dernier cas leur procurer les douceurs que requerra leur état, les soins du médecin et les secours du prêtre, à la demande et réquisition des donateurs. À la charge par le donataire, de fournir aux donateurs un bon cheval attelé, à bonne et solide voiture, avec robes et oreillers de voiture pour aller ou bon leur semblera, moins le temps des travaux. À la charge par le donataire, de fournir aux donateurs, l’argent nécessaire, pour subvenir aux dépenses des dits donateurs, dans leurs promenades.
À la charge, par le donataire, de recevoir les parents et amis des donateurs, qui viendront les visiter, les loger et nourrir, ainsi que leurs chevaux. Se réservent, les donateurs, la moitié de la maison érigée sur le terrain en premier lieu désigné, pour habiter la dite maison, avec les meubles nécessaires pour meubler la dite moitié de maison. Se réservent, les donateurs, un carré dans le jardin tel qu’aujourd’hui établi, qui sera fumé et béché, à la demande des donateurs. À la mort des donateurs, le tout sera éteint et amorti, consolidé et réuni aux fonds et propriété du donataire, qui deviendra propriétaire incommutable de tout ce que dessus donné, lequel sera alors tenu de faire inhumer les corps des donateurs. Dont acte sous le numéro Huit mille deux cent trente-cinq. Fait et passé au dit lieu de Ste-Agathe en l’Etude, les jour, mois et an susdits.
Les donateurs ont déclaré ne savoir signer de ce requis, M. Rodrigue Touchette Forgeron du dit lieu de Ste-Agathe, mandé comme témoin a signé, en présence des parties, ainsi que le donataire, avec nous Notaire, après lecture faite. (Signé) Hormisdas Dufresne, Rodrigue Touchette, J.S.P. Bazin, N.P. Vraie copie de la muinute restée en mon Étude. J.S.P. Bazin, N.P. »

Cet acte de donation, daté de 1902, fut enregistré aux Registres du Comté de Terrebonne le 28 juin 1914, sous le No. 64862, (Signé) G.Beaudin, Dép. Régistrateur. Une note manuscrite sur le document des Registres se lit comme suit : Par extraits mortuaires de Jean-Baptiste Dufresne et de Flavie Ménard, son épouse, déposés sous No. 26066 il appert que les ventes, charges, réserves et obligations viagères en leur faveur à l’entrée ci-contre sont éteintes. (Signé) J.C.Théberge Régistrateur