L'histoire de Val-David

 

Représentation d’une Grande Maison (Long-House) chez les Mowhacks, dans la Réserve amérindienne à Sainte-Lucie-des-Laurentides
Représentation d’une Grande Maison (Long-House) chez les Mowhacks, dans la Réserve amérindienne à Sainte-Lucie-des-Laurentides

Nos voisins les Mohawks sur la Réserve indienne Doncaster

par Claude Proulx et Paul Carle (2000)

La Réserve indienne de Doncaster est située à quelque trois kilomètres de la limite nord-est de notre territoire, dans la Municipalité de Sainte-Lucie, en bordure, côté est, de la route entre Ste-Marguerite et Sainte-Lucie.

Le 30 août 1851. la Couronne britannique met à part 230 000 acres de terres pour créer des réserves à l’usage des Indiens. Le 9 août 1853, un quart du Canton de Doncaster est donné aux Mohawks. Ce territoire à l'origine est établi à 16 000 acres.

Les Membres des peuples Autochtones réclamaient leurs terres. Ils réclamaient leur droit d’exister comme Peuple, partout où ils pourraient être. Ils réclamaient le droit de continuer à vivre d’une façon, qui d’elle-même s’était avérée bienfaisante et adéquate pour les êtres humains.

En 1971, le territoire de la Réserve indienne Doncaster est arpenté à nouveau et rétabli à 19 514 acres, soient un carré de terres de 9,6 km sur 9,6 km. Le territoire exact de la réserve fait toujours l'objet d'un contentieux entre les Mohawks et le Ministère des affaires indiennes. La Réserve des Sauvages, appellation donnée selon la cartographie de 1851, est partagée par les Autochtones des réserves Kahnawake et Kanesatake (Cauhgnawaga et Oka). On y retrouve des représentants des anciennes communautés des Iroquois, des Algonquins et des Nipissings.

La Rivière Doncaster traverse la réserve et on y trouve une quarantaine de lacs dont les noms ont été donnés par les Mohawks eux-mêmes et citons : le Lac de l’Aigle; des Séminoles; des Mocassins; des Hérons; de la Flèche; du Couteau de Poche; des Mohawks; Doré; Hiawatha; Maria; à l’Ours; des Esclaves; des Loutres; du Jet; John; petit John; des Comanches; de la Grosse; Gagnon; petit Gagnon; de la Truite rouge; de la Tortue; de la Montagne; des Iroquois; de la Fourche; des Castors; des Indiens; de la Frontière; Long; de la Pie; Tekakwita; des Loups.

La Réserve indienne Doncaster est aujourd'hui considérée comme non habitée, car les Amérindiens ne s’y sont jamais établis en permanence à proprement parler. Il y eut une tentative au dernier siècle de diviser le territoire en lots de quatre-vingts acres chacun pour qu'ils s'y installent. Les Amérindiens ont refusé cette proposition, jugeant le climat difficile, trop froid, l’agriculture impossible, compte tenu du relief des terres. Seules, la chasse au chevreuil, orignal, castor, chat sauvage et la pêche leur semblaient agréables.

La réserve, semble inutilisée au 19ème siècle, et à tel point qu'elle est « squattée » en quelque sorte. Vers 1880-90, seize colons, non autochtones, s'y sont installés, construisant maisons et fermes. Pour les sortir de là, le Gouvernement fédéral a dû payer la facture, 28 000 dollars, une somme importante pour cette époque. Vers 1889, une compagnie de bois a même entrepris des coupes sur la réserve sans permission. Ces travaux se sont étirés sur plusieurs années avant que les Mohawks et le Gouvernement réagissent.

L'année 1903 est celle de la grande sécheresse et celle du grand feu dans toutes les Laurentides. Arrivant du Nord, le feu a menacé Ste-Lucie qu'il a finalement contourné par la réserve Mohawk. Traversant la réserve, le feu a atteint les premiers rangs du Canton de Doncaster, où il a détruit quelques maisons et fermes, pour poursuivre sa route vers Ste-Marguerite. On ne connaît pas l’étendue exacte des dégâts causés à cette occasion sur la réserve.

La route provinciale de Ste-Lucie à Ste-Marguerite passant à travers la Réserve indienne de Doncaster, est fermée après 1928, car les Mohawks ne sont pas intéressés à défrayer une partie des dépenses d'entretien.

Vers 1960 la Réserve est coupée en deux. Le Conseil de bande décide de conserver la plus grande partie comme territoire totalement sauvage, pour des raisons écologiques, notamment la protection du gibier. L'autre partie demeure ouverte à l'établissement de maisons ou de chalets. Les Mohawks intéressés, n'ont qu'à faire une demande en ce sens à leur conseil de bande.

Deux familles y vivent actuellement. Elles font office de gardiennes, car il semble qu'il y ait toujours plusieurs tentatives de braconnage sur le territoire. On trouve sur la réserve plusieurs anciens chalets, peu entretenus ou abandonnés, mais aussi plusieurs chalets neufs qui font la fierté de leurs propriétaires.

Remerciements à Stuart Phillips, de Kahnawake, Clarence Simon, de Kanesatake
et à Gilles Brisson pour la publication : Histoire de Ste-Lucie des Laurentides, 1875-1975, par Gilles Brisson, 1974.