Butte à Mathieu : le programme de l’été 1963

par Jean-Patrice Desjardins

La Val-Davidoise Martine Lavallée partage avec nous une trouvaille: la brochure publicitaire de la Butte à Mathieu de l’été 1963.

Créée en 1959 par Gilles Mathieu, la Butte s’est installée dans un second bâtiment l’année suivante et, en 1963, on peut vraiment dire qu’elle a pris son envol avec des spectacles durant toute l’année, notamment durant l’été avec une série de «revues», forme théâtrale permettant librement d’aborder des questions d’actualité.

Pour la quatrième année consécutive à la Butte, Raymond Lévesque, Murielle Lachance et Benoit Marleau montent sur scène durant les soirs d’été (sauf le lundi) pour y jouer des textes de Raymond Lévesque.

«Viva Chaputa» est la première revue. Le texte parle d’une fictive révolution du Québec, mais ne doit-on pas plutôt reconnaître l’esprit d’anticipation de Raymond Lévesque, qui présente ce texte sept ans avant la Crise d’octobre? Il faut dire qu’en 1963, le FLQ est naissant et les premières bombes ont explosé en mars de la même année.

«Twist la bacquaise» tourne autour d’un personnage qui a des problèmes d’embonpoint. Ça fait tellement théâtre d’été… Enfin, «Caméra 1967» annonce l’Exposition universelle de 1967.

Les publicités

On le sait, Gilles Mathieu a une formation de graphiste et la brochure de 1963 laisse une grande place à la publicité. La présence des annonceurs locaux permet de voir à quoi ressemblait Val-David en 1963. On y trouve des commerces qui n’existent plus aujourd’hui comme le Rendez-vous des Campagnards, le camping de l’Épinette bleu, l’auberge Le Rouet et le centre de ski Mont Plante.

Helen et John Parker sont toujours à la direction du Parker’s Lodge et on y retrouve de nombreux annonceurs de Montréal.

Taxi Dubois assure le service jour et nuit, tout comme l’entreprise Taxi Roy, et aussi Taxi Val-David. Chauffeur de taxi, c’est un métier noble à l’époque et on ne peut imaginer qu’un jour arrivera Uber.

L’hôtel du Mont Condor présente une nouvelle administration, mais est encore très anglophone, se situant «à cinq minutes du remonte-pente». On parlait probablement du centre de ski du mont Plante.

Le complexe de La Sapinière vit de belles années et vante sa cave à vin. Léo Piché annonce un service de «portes et châssis». Fait intéressant, Stolan Davidson, menuisier de métier, vend des terrains.

L’auberge La Strada se présente comme le «rendez-vous de la jeunesse». Le commerce deviendra le Vieux foyer, toujours actif aujourd’hui. Le garage Lachaine est déjà présent.

On retrouve le restaurant Petit Poucet et le Village du Père Noël. Fait étonnant, ces deux entreprises ont toujours gardé le même numéro de téléphone.

Eugène Monette annonce évidemment son service de bois de construction. L’entreprise est encore présente sous la bannière BMR. Leur compétiteur est, en 1963, Matériaux Dufresne et fils.

En complément

La brochure de l’été 1965 à la Butte à Mathieu parmi notre banque d’images.

La Butte à Mathieu: les mythiques débuts de la chanson québécoise à Val-David, un article de Jean-Patrice Desjardins.

La maison Cécile et Stolan Davidson, un texte de Claude Proulx.

 

 

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