En supplément: un incident mémorable

Tout donne à penser que d’autres ponts ou passerelles ont pu être aménagés par certains particuliers, à certains endroits propices sur la rivière de nord. Marie Andrée Dufresne nous raconte dans son excellent livre (Val-David, fragments d’histoire) publié en 1996, une aventure particulière vécue par un de nos anciens concitoyens, Vasili Lezinsky. Comme on le remarque encore une fois, les crues printanières (tout comme les incendies fréquents) faisaient la vie difficile à nos ponts, nos traverses, à nos moulins…

 

Un événement mémorable

Il serait difficile de rapporter tous les événements qui se sont passés dans le village de Val-David, au cours de son histoire. Toutefois, un incident mémorable et qui aurait pu tourner au tragique, mérite d’être relaté. C’est Monsieur Adélard Legault, un des témoins de la scène, qui la raconte. L’aventure est arrivée en 1921, à Monsieur Vasili Lezinsky, d’origine ukrainienne, établi à Val-David en 1918. Quelque temps après son arrivée au village, Monsieur Lezinsky construisit sur sa terre, pour son usage personnel, un petit pont de bois enjambant la rivière du Nord. Le pont lui était d’autant plus utile qu’il se trouvait à proximité du moulin à scie. Il pouvait donc directement atteindre le moulin pour livrer son bois. Un jour de printemps, Monsieur Lezinsky se dirigeait comme à son habitude vers le pont, pour traverser la rivière. Or, la rivière du Nord était très haute et Monsieur Lezinsky conduisait une lourde «sleigh» chargée de billots, que tiraient deux chevaux. Sans se méfier, l’attelage s’engage sur le pont. Rendu à mi-chemin, brusquement, le pont cède et s’effondre dans la rivière. Monsieur Lezinsky hurle, appelle à l’aide, tandis que le fort courant dû à la crue des eaux l’emporte, avec sa sleigh et ses chevaux. Heureusement, il eut la vie sauve. Il perdit cependant un cheval, mais on réussit à sauver l’autre qui s’était échoué plus loin, sur un îlot de sable. Détail amusant, ce cheval avait été baptisé «Pacifique» par son maître qui le disait aussi fort qu’une locomotive du Canadien Pacifique.

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