Pourquoi je m’installe à Val-David

Témoignage Bob Silverman, extrait du journal Ski-se-Dit en septembre 2004

Pourquoi je m’installe à Val-David
Robert Silverman

ndlr : Comme nous le mentionnions dans notre dernière édition, Robert Silverman rêve de s’établir à Val-David. Dans les années 70, «Bicycle Bob», comme il fut surnommé, fondait Le Monde à Bicyclette voué au développement de la «petite reine». Montréalais de naissance, il a été séduit par notre village et la qualité de vie qu’il y trouve. Il nous fait part ici des raisons qui l’amèneront à s’installer chez nous. Noter que c’est la première fois que Robert s’aventure à écrire en français qui est sa langue seconde…

En septembre 2003 ma fiancée et moi avons décidé de demeurer huit mois en Espagne et de passer les quatre mois d’été quelque part dans les Laurentides, et ce jusqu’à la fin de nos jours… Nous avons donc trouvé une petite maison à Val-David. Je n’ai pas de voiture par choix et conscience écologique; l’existence d’un service d’autobus interurbain efficace entre Val-David et Montréal nous a permis d’envisager cette possibilité.

Je suis arrivé ici au début de juin. Je ne connaissais rien de Val-David et même je ressentais de l’amertume à cause de la destruction des petites maisons de Guindonville pour faire place à un stationnement et à un accueil éventuel pour le parc Dufresne (je faisais partie d’une délégation du FRAPRU venue appuyer les expropriés début juillet 2003). Néanmoins au fur et à mesure que je m’y installais, j’ai commencé apprécier les multiples attractions du village. Entre autres, Ie magnifique parc linéaire qui est un vrai bijou. Je l’utilise comme divertissement et comme moyen de transport vers Val-Morin et vers Ste-Agathe et leurs plages. Les rapides et les parties calmes de la rivière du Nord, que j’ai parcourue en kayak, me laissent bouche bée.

Le respect que le village voue aux piétons et aux cyclistes est exceptionnel et contraste fortement avec le mépris dans ce domaine que la ville de Montréal nous inflige. Chaque fois que la piste du parc linéaire traverse les ruées du village, il y a une ligne jaune solide sur la chaussée. Sur la rue de l’Église, nous voyons souvent des lignes jaunes rayées et elles sont généralement respectées par les automobilistes. De plus beaucoup d’emplacements sont pourvus de stationnements à vélos.

À Montréal, le nom des rues est affiché trop haut sur des poteaux de téléphone et les myopes comme moi ne peuvent pas les lire. Ici, à Val-David, tous ces panneaux sont lisibles pour les résidents et les visiteurs. Car au-dessus des panneaux d’arrêt le village a attaché ces affiches et souvent d’autres furent installées pour uniquement indiquer le nom de la rue, par exemple aux intersections Centre et St-Louis, et de l’Église et Dion. Des aménagements simples, pas chers et humains qui aident une part de la population et des visiteurs qui ont un handicap visuel. Merci Val-David!

Végétalien, je ne mange pas de produits animaux. Quel bonheur j’ai eu quand j’ai découvert pour la première fois le restaurant végétalien Pacha Mama’s. J’y vais chaque jour pour manger leurs plats particuliers comme sandwich aux noix et un autre d’humus, et un nouri de sushi végétarien. Ces plats originaux qu’on ne trouve pas dans d’autres restaurants du Québec sont délicieux et sont faits avec amour par deux jeunes femmes, Marty et Sophie. L’art sur les murs et le va-et-vient des enfants rendent le Pacha Mama’s un petit restaurant inoubliable et imbattable. L’autre restaurant que j’aime et que je fréquente régulièrement est le bistro La Halte de Suzanne, Roger et Sylvette. Le petit déjeuner y est particulièrement savoureux, car La Halte sert un plat de muesli biologique fait par Suzanne et servi avec des fruits frais.

Quelle belle surprise j’ai eue en découvrant le journal Ski-se-dit! Quelle belle oeuvre collective venant d’un petit village de 4000 habitants ! On y trouve non seulement des articles attendus sur le programme des loisirs, les nouveaux livres à la bibliothèque, les décisions du conseil de ville, la lutte pour la sauvegarde du parc Dufresne et, comme sauce sur le gâteau, des articles magnifiques sur notre devoir de conserver l’eau, comment traiter la maladie d’Alzheimer par médecine naturelle, etc. Aussi, notre journal parfois contient des poèmes comme dans les journaux vietnamiens. Je remercie mon nouvel ami André qui m’a accueilli comme un frère au village et qui m’a renseigné sur les trésors, la culture et les usages de Val-David.

Le terrain de volley-ball se trouve au centre de Val-David. Quel beau symbole pour un village spécial!

Malheureux que le terrain ne soit utilisé que le mercredi soir. Le potentiel est énorme. Ancien animateur de volley-ball au parc Jeanne-Mance à Montréal, je ferai mon possible pour qu’une utilisation plus fréquente en soit faite.

Le poème qui suit décrit l’ambiance que je souhaite et que je crois possible à Val-David:

Let’s put the ball in the air
and while it whirls
regard it with love and care
not the creed of personal gain
nor competition’s ceaseless pain
but the ideology of the other:
where every player
is sister and brother

Les habitants de Val-David sont spéciaux. Ils ont plus voté pour le Parti Vert que n’importe où ailleurs au Québec. Il y a l’organisme Vertigogogo qui prône le covoiturage. Ici on constate une quantité importante de musiciens, poètes, artistes, écrivains et cinéastes. Aussi, trois entreprises louent des vélos et des kayaks pour une descente magique sur la rivière du Nord. Enfin, notre village est convivial. Je peux même affirmer sans crainte que depuis mon arrivée ici ma vision s’est améliorée. Val-David est ma thérapie.

Pour toutes ces raisons et autres non mentionnées, c’est décidé, je m’installe à Val-David.

Robert Silverman, 70 ans

 

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