Atelier de l’île en 1981

Article paru dans le Perscpectives de la Presse le 14 février 1981

Par rené Viau 

Artistes: Jacques Giraldeau, Ginette Anfouse, Guy Montpetit, Jocelyne Benoit, Marcel Carrier, Jocelyne Aird-Bélanger, Pierre Leblanc, René Derouin, Michel-Thomas Tremblay

 

Val David.

La route 117. Clic, clic, clic… clac ! Le petit voyant vert triangulaire du clignotant de ma Volvo vient de se ramener automatiquement. Les pneus crissent maintenant sur la neige d’un petit chemin de traverse. ” L’atelier de l’Ile, tu ne peux pas le manquer. C’est à l’arrière d’une maison au toit bleu », m’avait dit Michel–T. Tremblay. T pour le distinguer peut-être de l’autre. L’atelier de l’Ile, qu’il a fondé en 1974, est devant moi.

Un chien blanc, imposant, est enchaîné. C’est froid. Une odeur de résineux flottent dans l’air. Un petit pont. Le murmure des chutes. Sous le givre des fenêtres, on retrouve la roue de la grande place. Ici, à l’atelier de l’île de Val David, au nord de Montréal, des artistes ça donne au métier de l’estampe sous presque toutes ses formes : eau–forte, relief et bois gravé, lithographie.

On savait qu’à Val-David, autour de la butte à Mathieu d’abord, puis ensuite avec les Créateurs associés, les métiers d’art s’épanouissaient. Les céramistes façonnent l’argile, les orfèvres sertissent ou polissent, les ébénistes chatournent, les tisserands filent, dévident et teignent. On savait que Val David était devenu une sorte de port culturel. Artisans et artistes qui ont fui la ville ont trouvé ici une population accueillante, de grands espaces et surtout le temps de vivre et de faire. Savait-on cependant que ce vent champêtre de création avait atteint les graveurs? Comme quoi, l’air frais fait école!

Sur les bord de la rivière du Nord, à l’atelier de l’Île, on dessine et l’on encre sur des pierres calcaires, on taille dans le bois dur, on incise et creuse les plaques de cuivre qui seront soumise à la morsure de l’acide ou à l’émulsion de la photogravure. Ils sont une vingtaine d’artistes, membre de ce centre de production. Le mieux : Marcel carrier, René Derouin, Gilles Boisvert, Rolland Pichet, Francine Beauvais, le peintre Guy Montpetit, le sculpteur Pierre Leblanc, le céramistes Claude Vermette, le cinéaste Jacques Giraldeau, Jocelyne Benoît.

Tous ont la clé. En échange d’un abonnement mensuel, ils peuvent venir travailler ici vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le résultat : « des images tirage » délicates et raffinées. Des images comme les délicieux délires végétaux de Jocelyne Bélanger et les planches où sont inscrits les paysages « autres » de Michel-T Tremblay. Ces dernier respectivement coordonnateur et animateur de ce lieu autogéré qui permet bien des regroupements féconds. Mes hôtes. Les pionniers de l’atelier.

Clic…Le magnétophone se met en marche. Nous buvons du thé. L’artiste Gilles Boisvert entre. Il a quitté …

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  Le graveur Adriano Lambe et Jocelyne Bélanger, aquafortiste et coordonnatrice de l’Atelier.
Paru dans le Perspectives de la Presse 14 février 1981