La maison et le commerce d’Yvon-Guindon

La maison Ti-Yves Guindon était située au 2489, rue de l’église. La Maison Yvon-Guindon, fut érigée assurément avec les moyens et l’art de bâtir du temps, par ces villageois, fils des premiers colonisateurs, soucieux de gagner leur vie honnêtement.

Anthime Ménard, fils du célèbre colonisateur Narcisse Ménard, arrivé dans nos cantons en 1849, hérite, au décès de son père en 1896, du lot trente et un, dans le rang onze, du canton Morin. Le fils ayant « acquis par bons titres dûment enregistrés et libres de tout droits Seigneuriaux ». Ce lot couvre une grande partie du noyau villageois d’aujourd’hui.

 

Le quatorze octobre 1921, Joseph Rollin, fils, se porte acquéreur d’une partie du lot trente et un, « pour la somme de soixante et quinze dollars, payable à raison de quatre dollars et cinquante cents par année ». Monsieur Rollin, construit une maison, d’une architecture discrète et qui est tranquillement enracinée dans le passé. Dans cette perspective, notre village devient un collage de ses diversités architecturales du passé.

 

En 1930, Armand Loiseau, gendre d’Anthime Ménard, achète la maison. Il y bâtit une rallonge par derrière, puis il ouvre un restaurant qu’il opère jusqu’en 1938. Hermas Lamoureux opère le commerce par un bail de location jusqu’au mois d’août 1940. Durant quelques années monsieur Lamoureux est engagé comme policier à Val-David, alors que la population se chiffre à six cent cinquante cinq habitants.

 

Yvon Guindon se marie le quatorze juillet 1940 avec Dorothy Lamarche dans l’église de la paroisse Saint-Stanislas à Montréal. Le couple s’installe aussitôt à Val-David.

Jusqu’à son mariage, Yvon, vit chez son père Alexis, qui opère un magasin général en face de l’église depuis 1923 ; il nous raconte qu’il apprend beaucoup sur le commerce en y travaillant avec ses parents, ses sœurs Jacqueline et Cécile ainsi qu’avec ses frères Jean, Albert et Charlemagne.

 

Le 13 août 1940, Yvon Guindon achète la maison du 2849, rue de l’Église et le commerce, pour la somme de mille cinq cents dollars, qu’il paie comptant. Durant la première année d’opération de son commerce, on construit une rallonge du côté ouest de la bâtisse, doublant ainsi la superficie de la maison qu’il vient d’acquérir. Dorothy et Yvon Guidon aménagent leur demeure familiale au deuxième étage. Le couple Lamarche Guindon donne naissance à une fille, Suzanne.

En plein centre du noyau villageois, voisinant la Maison du Village, la bâtisse commerciale de monsieur Guindon est facile à reconnaître. Avec son enseigne Coca-Cola, ce bâtiment de deux étages, dont les murs extérieurs sont lambrissés de déclin de bois, nous suggère une architecture plutôt discrète, qui révèle les efforts de ses divers propriétaires depuis son érection d’origine en 1921.

 

Depuis 1940, monsieur Guindon opère divers types de commerces dans son établissement. Le restaurant est opéré principalement par Dorothy, qui nous accueille toujours de façon chaleureuse pour nous servir ses bons petits-déjeuners, «un ordre de toasts, deux œufs et café régulier». Ou encore le «sandwich, hot dog, hamburger avec frites et un coke » pour le lunch ; le menu ne change pas..

 

Pendant plus de 80 ans, c’est là, que l’on rencontre les anciens, qui discutent des bons moments d’autrefois. Les habitués de la place viennent y recueillir les nouvelles courantes du village.

 

Ti-Yves, comme les gens surnommaient monsieur Guindon, tient aussi une salle de billard, un magasin de journaux et de tabacs. À l’arrière du commerce principal, un petit salon de barbier où le propriétaire y exerce ce métier pendant plus de cinquante ans jusqu’en 1995.

 

Notre commerçant opère aussi une compagnie de Taxi pendant plusieurs années; un autre métier qui lui mérite une grande popularité en octobre 1954. Dans l’affaire du meurtre du couple Therrien à Val-Morin, il avait transporté dans sa voiture de taxi, un individu, qui s’avérait être le meurtrier.

 

Yvon a célèbre son 85e anniversaire de naissance le 16 avril 2001 et Dorothy, son 80e anniversaire, le 25 février 2001.

 

Quoique cette bâtisse n’a pas connu de rénovation significative au fil des ans, elle constitue pour nous un élément de notre patrimoine. Vers 2010, l’édifice est démoli pour faire place à un édifice commercial et d’habitation.

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