Chronique d’autrefois : le lac Paquin

Publié dans le journal Le Sommet de Sainte-Agathe-des-Monts
14 janvier 1976

Comme nous le voyions la semaine dernière, c’est dans la région du Lac Paquin qu’a commencé le développement de la paroisse de Ste-Agathe. En 1849, lorsque Narcisse Ménard, son frère Olivier et leur futur beau-frère Jean-Baptiste Dufresne arrivèrent dans le Nord, ils s’installèrent, je me demande encore pourquoi, sur la Montée Duquette. Narcisse Ménard avait même choisi le site actuel de la ferme Duquette.

En ce temps-là, les arbres recouvraient toute la terre, jusqu’au bord des lacs. Courageux, solides, les colons ont commencé à défricher, à la main, sans cheval. Leurs femmes les aidaient en tirant elles-mêmes sur les arbres qui servaient de herses à creuser les sillons.

On m’a même raconté que l’on brulait les arbres déracinés à l’année longue afin de dégager assez de terre pour cultiver. Ça vous dit quelque chose ces feux et ces fumées constamment entretenues, des années et des années durant? Avez-vous remarqué la quantité de roches qui parsèment les champs cultivés?

 

Peu à peu le paysage a commencé a ressembler aux photos que vous voyez ici. Ces terres arables alors très productives remplaçaient la forêt sauvage, on dégageait les bords de lacs pour faciliter la pêche et la circulation d’hiver. Malheureusement, à cause de cela et à cause aussi de la qualité limitée du sol on a vite épuisé la valeur agricole de la région. On vivait de longs hivers, de sarrasin, de patates et de quelques poissons. Le bon “vieux temps” c’était surtout un temps dur, pauvre et sans confort. Raison de plus pour admirer ceux qui sont restés et qui ont développé ce pays malgré tout.

La semaine prochaine nous verrons un de ces colons des environs de 1900. Devrait-on dire cultivateur, rendu à cette époque ou encore mieux pourquoi ne pas parler des “habitants”. C’est un titre de gloire et d’endurance, que rien ne peut remplacer et dont il faut être fier: on ne peut ni improviser ce titre ni l’emprunter, il a été payé trop cher…

P.S. Si vous avez d’autres histoires ou des photos à me montrer, n’hésitez pas à m’appeler au journal 326-3534. Rien ne me ferait plus plaisir. Ces photos sont la propriété de Mme Jeanne d’Arc Paquin qui a bien voulu me les prêter pour cette chronique.

En complément

La maison Joseph-Bélisle, article de Claude Proulx, 2000.  La Maison Joseph-Bélisle fait partie du patrimoine architectural de Val-David. Il s’agit bien ici, de la plus ancienne maison qu’il nous est donné de reconnaître comme telle sur notre territoire.

L’histoire des Ménard, premiers défricheurs au lac Paquin, article de Claude Proulx, 2002. 

Les épiciers au Lac Paquin et au village, article de Claude Proulx, 2000.

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